Formation aux premiers secours : quelles obligations pour l'employeur ?
Mis à jour le 14 juin 2019 — Source : INRS

Tout employeur doit mettre en place les moyens nécessaires pour prendre en charge rapidement un salarié victime d'un accident du travail, d'une détresse médicale ou d'un état pathologique. Cette obligation repose sur trois piliers : la formation du personnel, des consignes écrites claires, et un dispositif d'alerte efficace.
1. Les formations disponibles
Plusieurs dispositifs de formation aux premiers secours coexistent. Tous ne sont pas équivalents dans le contexte professionnel.
Sauvetage-Secourisme du Travail (SST) — La référence en entreprise
14 heures de formation, certificat délivré par des formateurs certifiés selon les référentiels INRS. Recommandée par la Branche AT-MP comme la formation la plus adaptée au contexte professionnel. Le salarié formé SST est considéré comme un acteur de prévention à part entière, au-delà de son rôle de secouriste.
Prévention et Secours Civiques niveau 1 (PSC1)
Formation minimale de 7 heures dispensée par des organismes publics ou des associations agréées. Objectif : faire acquérir à toute personne les gestes élémentaires de secours.
Gestes Qui Sauvent (GQS)
Sensibilisation de 2 heures visant à faire du citoyen le premier maillon de la chaîne des secours. Ne remplace pas une formation SST en entreprise.
Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence (AFGSU)
Réservée aux personnels des établissements de santé et structures médico-sociales. Couvre aussi les risques biologiques et chimiques.
2. La formation SST est-elle obligatoire ?
Pas systématiquement — mais l'obligation découle directement de l'évaluation des risques propres à l'entreprise. Plusieurs critères entrent en jeu : la taille de l'établissement, les acteurs de santé présents (infirmière du travail…) et la situation géographique.
Minima légaux (Code du travail, art. R.4224-15) :
- Au minimum un secouriste dans chaque atelier où s'effectuent des travaux dangereux
- Dans certains chantiers du BTP : dès 20 travailleurs, pour des travaux d'au moins 15 jours présentant des risques particuliers
Par ailleurs, le Code de la Sécurité sociale exige explicitement la présence d'un Sauveteur-Secouriste du Travail (SST) pour qu'une entreprise soit autorisée à tenir un registre d'accidents bénins.
3. Le registre d'accidents bénins : conditions d'accès
Pour tenir ce registre — qui permet d'éviter la déclaration formelle de certains accidents — l'employeur doit réunir trois conditions :
- Disposer d'un médecin, pharmacien, infirmier diplômé d'État, ou d'un responsable HSE titulaire du diplôme national de secouriste + diplôme SST (délivré par l'INRS ou une CARSAT)
- Avoir mis en place un poste de secours d'urgence
- Pour les entreprises d'au moins 11 salariés : avoir constitué un Comité Social et Économique (CSE)
4. Combien de secouristes faut-il former ?
Il n'existe pas de ratio réglementaire fixé. Les anciennes circulaires préconisant un secouriste pour 10 ouvriers sont abrogées.
Le nombre de secouristes doit être évalué au cas par cas en tenant compte de :
- L'effectif de l'établissement
- Les risques spécifiques à l'activité
- La situation géographique (éloignement des secours extérieurs)
- Les horaires de travail (présence en horaires décalés, nuit…)
Le salarié formé SST n'est plus seulement un "secouriste de permanence" : il est désormais positionné comme un acteur de prévention globale dans son entreprise.
5. Protocole en cas d'accident ou de malaise
L'employeur doit rédiger un plan d'organisation des premiers secours, connu de tous, décrivant la procédure à suivre en cas d'accident du travail, de malaise ou de blessure légère.
Ce plan doit systématiquement intégrer le recours aux services externes :
- SAMU (15) : pour l'appréciation la plus fiable de l'état du patient et l'orientation vers la prise en charge adaptée
- Services de prévention et santé au travail
- Médecins du travail et infirmières en santé au travail
Pour un retour à domicile, privilégier taxi, véhicule sanitaire léger (VSL) ou ambulance privée avec accompagnement — éviter le véhicule personnel non accompagné.
Références juridiques
- Code du travail, art. R.4224-15 et R.4224-16 (secourisme en entreprise)
- Code de la Sécurité sociale, art. L.441-4 et D.441-1 (registre d'accidents bénins)
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